L’historique de la préparation du Théâtre Forum (de septembre 2023 à mars 2024)

 

Premier projet de théâtre forum, (novembre 2023). I have a dream.

Sortir du dérèglement climatique ? 

Sans mouvement de masse, nous n’y arriverons pas !

Il y a un chemin, voudrons-nous le prendre ?

 

1 – Les acquis (dont on ne discute plus) :

Sortir du dérèglement climatique, c’est :

– arrêter de stocker du CO2 dans l’atmosphère,

– donc, arrêter les émissions humaines de CO2,

– donc, abandonner l’utilisation des énergies fossiles, encore appelées énergies sales,

– donc, on développe la production d’énergie non fossile (propre), mais ce n’est pas suffisant. On utilise l’énergie fossile comme complément.

– Toute action de réduction de la consommation globale d’énergie se répercute à l’identique sur l’utilisation d’énergie fossile, donc sur l’émission de CO2. Aussi, il est plus facile de mesurer et compter les kWh d’énergie que les tonnes de CO2.

– Donc en pratique, il faut réduire nos besoins en énergie (mesurée en kWh

2 – La question (celle qui est débattue) : Il y a un chemin décrit ci-dessous pour sortir collectivement du dérèglement climatique. Voulons-nous nous y engager ?

Remarques préliminaires :

  • La contrainte crée le rejet. L’aide crée l’adhésion.
  • L’anonymat actuel n’est plus admissible pour notre consommation d’énergie, car son impact sur le climat futur est énorme.
  • Le bon chemin est non pas de commencer par rationner, mais de commencer par faire connaître.
  • Pour aider sur ce chemin, il serait utile d’avoir une mesure et un enregistrement automatiques de la consommation totale d’énergie (directe et indirecte) pour chaque consommateur-final. L’énergie indirecte est celle qui a été utilisée pour fabriquer les objets ou les services que nous consommons. Cet enregistrement est possible à faible coût. Voir plus d’informations dans le livre “Sortir du Réchauffement Climatique”.

3 – Le chemin proposé, en cinq étapes :

Pour une écologie acceptable et acceptée : Chacun réduit ses consommations d’énergie volontairement, progressivement, et sous contrôle de l’Etat.

La première étape : DÉCIDER !

Obtenir une décision démocratique pour s’engager dans cette voie, en commençant par mesurer.

Créer l’élan (étape à démarrer maintenant ou le plus tôt possible) et la décision politique : obtenir de la population actuelle la compréhension du chemin possible, équitable et démocratique pour sortir du dérèglement climatique.

Présentation du chemin pour rationner l’énergie.

La deuxième étape : MESURER !

Engager la mesure à l’échelle individuelle.

Mesurer et affecter l’énergie totale consommée (directement ou indirectement) aux seuls consommateurs-finaux. Il faut un enregistrement de son volume physique, sans correspondance monétaire, pour mesurer la consommation d’énergie (en kWh totaux par personne et par an). Les sources d’énergie sont faciles à répertorier. Chaque entreprise est tenue de répartir sur ses ventes les kWh qu’elle a consommés directement ou indirectement. Chaque transaction implique en plus du prix (en euros) un échange d’une quantité d’énergie (en kWh). On connaît pour chaque transaction son poids en énergie, on connaît le total annuel des consommations (en kWh) de chacun. Tout ceci doit se faire automatiquement, notamment par les banques et cartes de crédit, sans action, ni « prise de tête » des particuliers.

Troisième étape : SE SENTIR TOUS CONCERNÉS !

De manière “autoritaire”, les gens doivent être obligés de savoir quelle est leur quantité totale d’énergie consommée (directe et indirecte). La mesure des kWh totaux se fait automatiquement.

À la production, il faut séparer les comptes de l’énergie propre et de l’énergie sale pour avoir une valeur et un volume de ces deux matières différentes. L’Etat calcule la proportion d’énergie propre et sale en fonction des données du réseau. Cette proportion a une conséquence fiscale modique qui oblige chacun à être concerné.

La bonne information du consommateur avec sa pression vers la sobriété pousse vers la même sobriété l’entreprise de production à laquelle il s’adresse pour acheter.

La quatrième étape : CHOISIR L’OBJECTIF DE L’ANNÉE !

Obligation d’avoir compris les enjeux et d’agir tous ensemble.

Vote démocratique de la future règle de diminution des consommations. La règle définit comment évolue, d’année en année, le volume d’énergie sale disponible pour chacun. Ce volume sale diminue chaque année du même pourcentage pour tout le monde.

Il est aussi possible, pour exonérer les plus petits consommateurs, d’utiliser un barème progressif par tranches, comme pour les impôts.

C’est le positionnement du curseur : moins d’effort à fournir maintenant et plus de dégâts environnementaux, ou l’inverse…

Étape avant étape finale : INTRODUIRE LA CONTRAINTE POTENTIELLE !

Mise en place de la règle commune :La sanction du dépassement de consommation est de payer cette quantité dépassée au prix de marché de l’énergie propre(même si physiquement l’énergie correspondante peut encore être sale).

Compte tenu de la relative insuffisance de la production d’énergie propre et du rationnement du sale, le prix de marché de l’énergie propre sera forcément plus élevé que celui de l’énergie sale. C’est un rationnement progressif et collectif de l’énergie sale consommée.

À long terme, l’énergie sale est interdite. La création de sources d’énergies propres se développe et trouve ses financements.

Étape finale, objectif  : LE CONSENTEMENT COLLECTIF EST OBTENU !

Le consentement est majoritaire.

La consommation d’énergie fossile est rationnée. Chacun sait quel est son quota d’énergie disponible à dépenser et combien il dépense réellement, et donc à quel prix il paye son énergie. L’État dispose des informations et de l’autorité nécessaire pour induire l’attitude citoyenne correspondante.

Les émissions de CO2 évoluent vers zéro.

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(2e projet, janvier 2024) Description du « Chemin pour le climat »? texte dit « de Bernard » plus court que celui de novembre 2023.

(3e projet, février 2024) Texte court du « Chemin pour le climat » sans l’étape finale trop « punitive ».

(4e projet, fin mars 2024) Le texte conducteur en version finale pour le théâtre-forum. Il s’agit de trouver « l’étroit chemin » entre action individuelle et obligation collective (mars).

Le projet est maintenant porté par Dominique de Rotalier avec Nordine Salhi et les personnes intéressées. Le « chemin pour le climat » qui sera mis en question dans le Théâtre-forum de l’Académie du Climat est le suivant :

Constatant le besoin impératif de lutter contre le dérèglement climatique, ce qui ne peut se faire qu’à travers un mouvement de masse, nous proposons un chemin concret. Nous considérons comme acquises les connaissances essentielles qui montrent que tout se résume dans la nécessité d’arrêter les émissions de CO2 et donc d’abandonner les énergies fossiles. Elles représentent aujourd’hui 60% de notre approvisionnement en énergie, ce qui rend leur abandon quasiment impossible à réaliser par nos seules actions spontanées individuelles car il vient en opposition avec le dictat de développement et de consommation inscrit dans nos gènes. Pour survivre nous « regardons ailleurs ». Seule est imaginable une action collective d’ampleur.
La démarche imaginaire que nous mettons en question définit un chemin qui responsabilise en même temps l’État et le Particulier, chacun à sa place. L’originalité de la démarche, sa faisabilité et son efficacité s’appuient sur un projet de mesurer pour chaque consommateur final l’évolution de ses émissions personnelles de CO2. Celle-ci est accessible en mesurant l’évolution de sa consommation d’énergie totale (en kWh). Il devient alors possible d’informer chacun sur sa position personnelle et de piloter démocratiquement des évolutions collectives.
Comment ? L’approche préconise pour l’essentiel que chaque consommateur fasse l’objet d’une mesure automatique par les banques et les services de l’État de sa consommation d’énergie totale, donc y compris l’énergie utilisée pour fabriquer les objets et les services qu’il a consommés. Les mécanismes nécessaires pour cette mesure automatique sont assez simples et peuvent être assez facilement mis en place sous l’autorité de l’État.
Ensuite, à chacun de prendre conscience de sa propre consommation et des évolutions rendues nécessaires par la protection du climat.
Les énergies propres et sales sont deux « matières » différentes qui peuvent être suivies en comptabilité, même si elles sont physiquement mélangées. L’État peut surveiller les quantités produites actuellement d’énergies propres et sales et attribuer au départ à chacun des consommateurs la même proportion de l’une et de l’autre. Ensuite les consommations d’énergie propre pourront se développer sans contraintes et c’est celles d’énergie sale qui serviront de variable d’ajustement au moment des efforts de réduction du total. Chaque année les objectifs d’évolutions des consommations d‘énergie totale doivent être décidées collectivement en fonction de leur conséquence sur le climat et des disponibilités en énergie propre. Un barème peut permettre de différentier les efforts des gros consommateurs et des petits pour protéger ceux-ci. La sobriété du consommateur entraînera indirectement celle des fournisseurs et des fabricants. Il s’en suivra une réduction généralisée, volontaire et progressive des consommations totales d’énergie.,
Il est clair que ce début de chemin n’a pas pour but immédiat une quelconque autorité coercitive ou punitive. Celle-ci n’aurait de toute façon aucune chance d’aboutir tant que la grande majorité de la population n’aura pas été familiarisée avec les démarches intellectuelles et l’information chiffrée nécessaires. Il faut lui permettre de prendre conscience du grand niveau de contrainte qu’exerce la nécessité climatique sur son approvisionnement en énergie et donc finalement sur sa vie quotidienne. A terme cependant et avec un degré de contraintes adapté, cette démarche pourra aboutir au remplacement progressif de la totalité de l’énergie sale par de la propre.